Montréal, partage, café, chaleur

Nous avions décidé de passer une partie de la matinée dans la rue, à Montréal, à servir du café chaud aux sans-abris que nous allions rencontrer. C’était une idée de Marie-Josée qui, année après année, trouve de nouvelles façons de poser des petits gestes de bien. Cela nous a plu et nous nous sommes joints à elle. Nous étions donc 9 dans la rue. Neufs nantis, à l’abri du besoin, du moins pour l’instant. Pas honteux, pas habités de remords, plutôt heureux et gais de savoir que, à notre mesure nous allions aider… à tout le moins faire plaisir.

D’autant plus que d’autres, qui ne pouvaient se joindre à nous pour aller à la rencontre de ces personnes, ont souhaité contribuer et donner à la mesure de leurs moyens. Nous nous sommes donc armés de quelques grandes boîtes de café chaud, de verres, de crème, de sucre et de quelques billets échangeables dans 5 ou 6 restaurants du centre-ville de Montréal contre un repas chaud complet.

Qui fréquente ou passe régulièrement du temps au centre-ville sait qu’il est commun de rencontrer des gens dans le besoin. Chacun sait aussi que la nature même de l’hiver rend ce besoin encore plus apparent, encore plus criant. Cependant… personne, ou presque. Parc Jeanne-Mance, vide. Métro Berri, vide. Sainte-Catherine de St-Hubert à Sanguinet… mais où étaient-ils donc ? Plus au sud… près de la Maison du Père où un organisme, Le Book Humanitaire, y organisait une distribution de vêtements.

Direction sud donc, et c’est chemin faisant que nous les avons rencontrés. On allait dans la même direction, discutant, offrant cafés et repas à gauche et à droite. Au stand de Book Humanitaire… pas de café. Nous étions les bienvenus. Puis à la Maison du Père où nous avons réchauffé ceux qui attendaient de pouvoir y entrer.

Tout ça c’est pas grand chose. Presque rien en fait. Pourtant quelque chose s’est produit, je l’ai vu chez chacun de nous et je l’ai ressenti aussi; ça fait un bien fou de donner ! Et au moment où je m’interrogeais sur la source de ce sentiment un des hommes à qui je venais de servir un second café et avec qui je discutais depuis un moment me dit “Ça doit vous faire du bien de voir des gens sourire et de parler à du monde”.  Ah, c’est ça? Ouais…!

Texte et photos © 2014 OLNEY