Propos éparpillés II | DOUTE

Ceci est le second des courts articles initialement prévus pour n'en constituer qu'un seul. Le premier traite d'inspiration, le troisième de musique.

DOUTE

Il y a également ce fameux passage à Capture One. L'application est passée, de façon un peu inattendue, de la version 8 à la 9. J'ai tellement travaillé à assimiler le fonctionnement de cet outil et à personnaliser l'interface et les raccourcis qu'il est maintenant bien en main. Pourtant, un doute subsiste; éditer les photos est devenu tellement rapide avec CO9 que je me demande à chaque fois si je n'ai pas loupé des étapes. C'est fou, non? Alors je démarre Lightroom, pour des fins de test d'une certaine façon, de comparaison à tout le moins et j'arrive difficilement à y recréer ce à quoi je suis parvenu avec CO9. Il manque toujours un petit quelque chose que je n'arrive pas à reproduire. Du temps perdu, finalement.

Et il y a le nouveau moteur de rendu intégré à cette version 9. Je ne sais pas ce qu'en disent les autres utilisateurs, je n'ai rien lu ni rien cherché à ce sujet, mais il me semble, personnellement, un peu trop chargé en réduction du bruit et en netteté, du moins dans ses configurations par défaut. C'est comme si les photos étaient déjà un peu trop développées. C'est subtil, mais c'est là. Ça m'oblige a réduire l'effet de certains ajustements, de revenir à zéro dans certains cas et de faire des allers-retours qui, au final, créent le doute. C'est particulièrement le cas avec la réduction de bruit, la netteté et la clarté. Suis-je le seul à avoir cette impression?

Reste que c'est fatigant ce doute constant, car au final, ça allonge le processus plutôt que de le simplifier. Si en plus je dois développer les fichiers deux fois pour être satisfait... je ne suis pas sorti du bois.



This is the second of the short posts originally planned to be one. The first deals with inspiration, the third music.

DOUBT

There is also that switch from Lightroom to Capture One. There was an unexpected upgrade from version 8 to 9. I've worked hard to learn how to properly use this tool and customize the interface and shortcuts in a way that suits my process. Still, some doubt lingers; editing photos has become so fast with CO9 that I wonder, each and every time if I have not missed a step or two. It's crazy, right? So I open up Lightroom, for testing purposes in some way, and I hardly, and rarely, succeed at recreating what I managed to achieve with CO9. There's always something missing, something in the overall tonality that I can't reproduce. I simply lost my time, finally.

And then, there is the case of the new rendering engine built in this version 9. I don't know what other users are saying about it, I have not read anything nor sought to find anything, but it seems to me, that it's a little overloaded with noise reduction and sharpness, at least in their default configurations. It is as if the pictures were already too developed. It's subtle, but it's there. That forces me to reduce the effect of certain adjustments, returning to zero in some cases and make round trips which ultimately create doubt. This is particularly the case with noise reduction, sharpness and clarity. Am I the only one with that impression?

Still, this constant doubt gets tiring. In the end, it lengthens the process rather than simplify it. I have to develop the files twice to be satisfied ... I'm not out of the woods yet.

Subdued beauty

Je suis KO, sur le dos. Perdu pour le compte et regardant le vide avec des yeux aveugles. Je suis toujours obsédé par mon séjour à l'Île-du-Prince-Édouard. Des impressions qui flottent toujours dans mon esprit.

J'ai aussi en tête un chanson de Moustaki et, plus particulièrement, l'interprétation magnifique qu'en fait Reggiani; "Sarah". Vous savez...: 

La femme qui est dans mon lit
N’a plus vingt ans depuis longtemps
— Georges Moustaki

Tout ceci a influencé les nouvelles tonalités de ces photos qui traduisent bien, je pense, la beauté discrète, un peu fanée, presque surannée de l'Île.

Et c’est son coeur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure
— Georges Moustaki

I'm lying down on my back. Gone for the count and staring blindessly into a void. I'm kinda still obsessed by my recent trip to Prince Edward Island. Its scents still lingering in my numbed mind.

I also have an old french song that keeps coming back to me, as soon as I wake up; "Sarah", written by Georges Moustaki and beautifuly interpreted by Serge Reggiani. It goes somewhat like this: 

The woman who lies in my bed
is long past her twenties.
— Georges Moustaki

All of this forged that new curve, those new tonalities for me, this look that translate the discreet and subdued beauty of PEI.  

And it is her
tears and scars
covered heart
that soothes me.
— Georges Moustaki

Texte et photos © 2015 OLNEY


Cap Breton


FUJIFILM X-T1, XF 18-55MM AND XF 27MM


Photos © 2015 OLNEY


Doux printemps, quand reviendras-tu?

Depuis quelques semaines, j’avais planifié profiter d’une sortie professionnelle de ma conjointe à Québec pour y faire de la photo.

Prometteur, non? Québec au printemps! Je m’en pourléchait les babines!
-20 degrés au réveil, -17 à midi. Le courage m’a rapidement manqué. D’autant plus que je n’avais presque pas dormi de la nuit; la faute au plumard maudit.


Comme bien des têtes grises, je me suis retrouvé au centre d’achats pour y réveiller ma carcasse et parce que n’était pas disposé à affronter ce froid si tôt le matin. C’est triste un centre d’achats, surtout par un supposé matin de printemps d’un hiver qui n’en finit plus. Pas un chat! Enfin, un peu quand même… mais si peu. Des commis, des gardiens de sécurité, du personnel d’entretien, oui, mais presque pas de clients. On est à Québec tout de même! Ça m’a permis de piquer une jasette à un gardien de sécurité qui s’entêtait à trouver une façon polie de me mettre dehors parce que j’avais un appareil photo et qui, n’en pouvant plus face à ma naïveté, m’a sournoisement donné du « Écoute, criss ton camp ou… » . Je devais sans doute être en flagrant délit d’espionnage commercial. Heureusement j’avais eu le temps de m’intéresser, faute de mieux, à la structure de la verrière et à en tirer les quelques clichés que voici. En malpropre que je suis, photographe c’est-à-dire, j’ai donc quitté les lieux pour aller me les geler en ville.

Constatant rapidement que la situation météo ne s’améliorait pas, je me suis mis à rêver aux Îles. Enfin, une île, toute près, toute prête à me recevoir, l’île d’Orléans; 42 milles de choses tranquilles (F. Leclerc). Je vais tout de même aller voir sur le fleuve si le printemps arrive! Au diable la vieille ville, je vais sur l’Île.

Eh bien oui! Les signes sont là. La glace se rompt, l’eau s’écoule, le soleil fait son travail de sape malgré le froid. Bien sûr, selon que l’on soit du côté de la Côte de Beaupré ou celui de la Côte de Lévis le temps n’est pas tout à fait le même. Du côté de Lévis, le vent, les bourrasques et les lames de neige sont plus présentes et on se croirait aisément en janvier par moment, mais sur le fleuve ça bouge, l’eau chante et le soleil danse… enfin!


For a few weeks now, I had planned to hop on one of my spouse’s professional trip to take photos in Quebec city.

Promising, right? Quebec in the spring! Delightful! That’s what I thought too.
Damn, -20 degrees in the morning, -17 at noon. Courage failed me as I got out of the shower. Especially since I hardly slept the night over; blame it on a cursed sack.

Like many gray heads, I went at the mall to slowly wake my carcass. I was not prepared to face this kind of cold so early in the morning.
A shopping center is a sad place, especially on a supposedly spring morning born from a never ending winter. No one in sight! Well, yes… but so few. Clerks, security guards, maintenance personnel galore, but no customers. So, I befriend a security guard who soon persisted to find a polite way to drive me out of the mall. He was clear that, as long as I had a camera I was a persona non grata. He tried and tried, until my faint naivety was too much to bare  for him;  » Listen buddy, you fu… scram from here, or else…« . I guess our frienship was over right there, it’s sad. I must have been caught in the act of a business spying of some sort. Luckily I had time to look at the glass roof of the mall and the structure of the canopy and take some pictures of it. So I left the crime scene and got back to freezing my ass outside.

Realizing quickly that the weather situation had not improved, I soon dreamt of the Islands. Well, an island, close by, accessible, the Île d’Orléans; 42 miles of quiet things as Félix Leclerc put it, in french of course. Since I’m freezing here, I might as well go and see if the St-Lawrence River knows where our spring has gone.

Well, she knows! The signs are all around Île d’Orléans . The ice is breaking everywhere, water flows, the sun is undermining all that ice and snow despite the coldness of the air. Of course, whether you’re on the Côte de Beaupré side of the island or on Côte de Lévis things may look entirely different. The wind and snow are persitent on Lévis’s side, as if we were in january but, when you look at the river, ice is moving quickly, thanks to the water and sun singing and dancing toghether… finally!

Texte et photos © 2015 OLNEY


Contrastes du quotidien

J’avais en tête des images insistantes aux contrastes forts. Des photos magnifiques qui me hantaient depuis que, tôt en matinée, j’étais passé au travers du magazine Flipboard du Kage Collective.

Je souhaitais donc travailler les contrastes aujourd’hui. C’est que j’ai fait, mais dans des conditions beaucoup moins exotiques que celles dans lesquelles les photos des collaborateurs du Kage les prennent. Je ne suis pas allé au bout du monde, dans des contrées sauvages ou auprès des grands musiciens jazz de ce monde, non, je me suis contenté de mon entourage immédiat… la maison.

Bien sûr je serais parti sur un nowhere avec plaisir, mais les réalités du monde et du travail en freelance font que j’ai plutôt dû répondre à des demandes de soumission et discuter avec des clients. Remarquez que c’est tout aussi plaisant et gratifiant, juste moins exotique.

Je fais donc aujourd’hui une ré-interprétation des choses du quotidien. Comme je l’ai écrit dans un autre article, je me suis imposé de « regarder, avec un oeil nouveau, les choses et les situations du quotidien et les interpréter en photographie« .  Voici ce que ça donne.

Texte et photos © 2014 OLNEY