Entre deux saisons

Centrale Frontenac, Sherbrooke QC

Il neige abondamment ce matin et, semble-t-il, pour quelques jours encore. Ce n'est rien de bien surprenant sous nos latitudes où l'hiver a tendance à s'éterniser. Il a aussi l'habitude, quand on le croit fini, de se pointer le nez de façon inopportune, inattendue à tout le moins, question de se rappeler à nos bons souvenirs, de nous dire qu'il ne sera jamais bien loin. Et comme la météo est un des sujets de conversation les plus prisés des Québécois, il ne faudra pas se surprendre d'entendre parler de l'hiver au beau milieu des canicules de la fin juillet.

C'est que l'hiver est la saison omniprésente au Québec, celle qui, en quelque sorte, définit qui nous sommes, de quel caractère nous sommes faits. C'était, au début de la colonie, un test de survie, de résilience, de courage et de débrouillardise que de "passer l'hiver". D'une certaine façon, c'est encore le cas à notre époque, malgré tout le confort moderne et la qualité des vêtements techniques actuels. C'est devenu un combat de l'esprit, une lutte incessante pour garder le moral. Certains s'en accommodent mieux que d'autres, bien sûr.

Pourtant, le printemps est à nos portes. Les champs se dépouillent de toute la neige accumulée et les ruisseaux et les rivières se gorgent de toute cette eau, sous l'effet de plus en plus marqué du soleil. L'espoir renaît, les couleurs reviennent chasser le blanc omniprésent et, pour ma part, je "retige", bien avant les fleurs printanières.

 

It is snowing heavily this morning and, apparently, for a few more days. There is nothing surprising here. At our latitudes, winter tends to drag on. When you think it's over, it finds a way to come back in an inopportune and unexpected way. As if it wants to make sure we're not forgetting it or to tell us that he will never be very far away. And, as the weather is one of the most popular topics of conversation for Quebecers, one will not be surprised to hear us talk about winter even in the heatwaves of late July.

Because winter is the ubiquitous season in Quebec, a season that, in a way, defines who we are, what character we are made of. It was, at the beginning of the colony, a test of survival, resilience, courage and resourcefulness to survive through winter. In a way, this is still the case today, despite all the modern comforts and the quality of today's winter technical clothing. It has become a fight of the mind, an incessant struggle to keep up morale. Some are better at this than others, of course.

Yet, spring is upon us. The fields are nearly stripped of all the accumulated snow, and the streams and rivers are filling with all this water, under the irresistible attacks of the sun. Hope is renewed, the colors return and chase away the omnipresent white of winter. For my part, it feels like I'm blooming again, well ahead of the spring flowers.

Texte et photos © 2018 OLNEY

Automne saturé II

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Je travaille rarement avec des couleurs si saturées. Mais le contexte de cet automne si beau et de nombreuses promenades m'ont donné l'envie de déroger un peu de mes habitudes et de me laisser aller un peu.


I rarely use so saturated colors. Long walks in the warmth and colors of fall have made me work somehow differently. So I let it go... a little.

Texte et photos © 2017 Michel Olney

Automne saturé I

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Un automne qui ressemble un peu à l'été, du soleil et du temps chaud (trop chaud pour ne pas douter de la folie de notre monde), des envies d'en montrer les couleurs.


When fall feels like summer, full of sunlight and warm, (too warm to leave any doubts on the madness of our world), an urge to show its colors.  

Texte et photos © 2017 Michel Olney

I went to the market...

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Pouvez-vous croire que, depuis le tout début du mois de juin, la super gang du marché Locavore de Racine a tenu, beau temps mauvais temps, le marché public du samedi? Et ce jusqu'à hier, 17 décembre, par -14 et par chemins enneigés. Ça a été, encore cette année, une très belle réussite.

Ce qui distingue le marché Locavore, enfin, ce que j'y retrouve et qui me fait y revenir, c'est l'atmosphère qui y règne. J'y ai l'impression d'être dans mon village, l'impression d'y être attendu. Pas comme de la visite qui vient de temps en temps ou comme le citadin bon chic, bon genre qui passe en se promenant en campagne, non. Je m'y sens plutôt comme un ami ou à tout le moins comme quelqu'un qu'on reconnait, qu'on salue, à qui l’on sourie et, surtout que l'on écoute... les yeux dans les yeux. Et ce, malgré l'effervescence, malgré l'affluence et malgré le succès grandissant du marché.

Ce samedi, c'était donc le dernier marché de l'année. C'est ce qui marque le début du long enfermement de l'hiver. Il me reste heureusement quelques choux de Bruxelles des Jardins Naturlutte, du jambon de la Ferme St-Jean, des oeufs de la Ferme Noëka, les bons voeux de Johanne, de Gaston, de Linda... et je les garde, pour mieux passer l'hiver.

Could you believe that, from the very beginning of June, the fabulous gang at Racine Locavore market held their public market on Saturdays, rain or shine? That is until yesterday, December 17th, by a freezing -14 C and snow covered roads and fields. And it was, once again, a great success.

What distinguishes this market, well, what I find there that brings me back to it, is the friendly atmosphere that reigns there. I feel like Racine is my village, as if I belong there and am expected, each and every week. Not like a distant relative that comes from time to time, or the city-dweller that happens to stop while traveling the countryside. More like a friend or, at the very least, like someone you know, someone you greet, to whom you smile and, above all, someone you listen to... eye to eye. And this, despite the effervescence, despite the affluence and despite the growing success of the market.

So this Saturday saw the last market of the year. It marks the beginning of the long confinement of winter. Fortunately, I have a few Brussels sprouts from Jardins Naturlutte, ham from Ferme St-Jean, fresh eggs from Ferme Noëka, and the good wishes of Johanne, Gaston, Linda... and I keep them for me, it will help me pass Winter.

Texte et photos ©2016 OLNEY

Automne en Estrie - Fall in the Eastern Townships

automne en estrie

Alors que la neige recouvre finalement la belle région de l'Estrie et que notre décor quotidien change irrémédiablement pour quelques mois, il me reste encore quelques photos de cette fin d'automne à partager avec vous.


While the snow finally covers the beautiful region of the Eastern Townships and our daily decor changes irrevocably for a few months, I still have some photos of this late autumn to share with you.

Texte et photos © 2016 OLNEY