Île-du-Prince-Édouard

Prince Edward Island - I

prince edward island i

Ça fait déjà un bon bout de temps que je n'ai rien publié sur le site, plus d'un mois en fait. Trop occupé, à gauche et à droite. Heureusement, quelques jours de vacances à l'Île m'ont permis de refaire le plein, de m'éclaircir l'esprit et de m'ouvrir les yeux... encore une fois.


It's been a while since I've posted anything on the website, more than a full month actually. Been to busy, here and there. Thankfully, a few days on the Island git my tank full, cleared my head and opened my eyes... yet again.

Texte et photos © 2016 OLNEY

Subdued beauty

Je suis KO, sur le dos. Perdu pour le compte et regardant le vide avec des yeux aveugles. Je suis toujours obsédé par mon séjour à l'Île-du-Prince-Édouard. Des impressions qui flottent toujours dans mon esprit.

J'ai aussi en tête un chanson de Moustaki et, plus particulièrement, l'interprétation magnifique qu'en fait Reggiani; "Sarah". Vous savez...: 

La femme qui est dans mon lit
N’a plus vingt ans depuis longtemps
— Georges Moustaki

Tout ceci a influencé les nouvelles tonalités de ces photos qui traduisent bien, je pense, la beauté discrète, un peu fanée, presque surannée de l'Île.

Et c’est son coeur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure
— Georges Moustaki

I'm lying down on my back. Gone for the count and staring blindessly into a void. I'm kinda still obsessed by my recent trip to Prince Edward Island. Its scents still lingering in my numbed mind.

I also have an old french song that keeps coming back to me, as soon as I wake up; "Sarah", written by Georges Moustaki and beautifuly interpreted by Serge Reggiani. It goes somewhat like this: 

The woman who lies in my bed
is long past her twenties.
— Georges Moustaki

All of this forged that new curve, those new tonalities for me, this look that translate the discreet and subdued beauty of PEI.  

And it is her
tears and scars
covered heart
that soothes me.
— Georges Moustaki

Texte et photos © 2015 OLNEY


Bits of Nova Scotia

L'Île du Cap Breton en Nouvelle-Écosse, comme elle doit être; venteuse et brumeuse. Elle nous offre néanmoins sa beauté particulière et infinie. Des îlots de soleil ici et là nous laisse imaginer que l'été est là.


Windy and misty, as it should be in Cape Breton Nova Scotia, nature offers us a muted but infinite beauty. In patches of sun, here and there, it gives us a glimpse of summer.

Textes et photos © 2015 OLNEY


Chronique voyage

Je vous disais, dans mon précédent article, que je ne suis pas blogueur de voyage. Je vais faire une exception aujourd’hui.

L’expérience que nous avons eue au Barachois Inn lors de notre séjour à l’Île-du-Prince-Édouard est à ce point exceptionnelle que je n’ai pas le choix de vous en glisser quelques mots.

D’abord, la maison Gallant qui en compose l’élément central est située en toute fin de route, à Anglo-Rustico, à proximité immédiate de l’église St-Augustin, du musée de la Banque des fermiers de Rustico ainsi que de la maison Doucet, la plus vieille de l’île qui, croyez-le ou non, aurait été habitée de 1772, année de sa construction, à 1982!

La maison Gallant est une construction de 1870, reprise par les propriétaires Judy et Gary MacDonald qui en ont fait une auberge B & B en 1984. Ce qui frappe le visiteur dès les premiers instants, c’est la quantité ainsi que la qualité des artefacts antiques de cette vieille demeure (meubles, accessoires, éléments de décoration, articles de soins personnels, photographies...), tout ou presque est d’époque et cela se poursuit jusque dans chacune des 4 chambres de la maison. Ces chambres occupent, chacune, la moitié d’un étage de la maison et comptent toutes une salle d’eau séparée de la chambre à coucher. Tous les équipements de l’auberge sont de première qualité et, si le décor est d’époque, tout le reste est au standard actuel (équipement électronique, réseau Wifi, sanitaires, douches, etc.) Les lits sont confortables à souhait et les nuits y sont paisibles, car on n’y entend que le murmure de la nature. C’est vraiment un B & B de haut standing et qui est agréablement situé à proximité des lieux incontournables de la côte nord de l’Île.

C’est Gary qui nous prépare le petit déjeuner que nous sert la fille des propriétaires, Andrea, pendant que Mme MacDonald fait la conversation aux convives. Et quelle conversation! Préparez-vous. Tous les sujets peuvent être abordés, des plus légers aux plus sérieux, mais toujours avec la même intelligence et le souci de précision qui caractérise les professionnels de la communication. Car Judy est spécialiste des relations publiques et a œuvré pour plus de 30 ans dans le domaine des arts. Son amour viscéral et sa connaissance approfondie de l’Île et de sa région, des gens qui la peuplent et de son histoire sont enivrants et permettent de mieux connaître les attraits de l’Île.

Je sais bien que je ne vais pas à l’essentiel de ce que couvrirait un blogueur de voyage, mais je souhaitais simplement vous faire part de notre expérience. Car une fois toutes ces choses écrites, ce qui demeure le plus important ce sont les qualités humaines des gens que l’on rencontre, leur ouverture à l’autre et leur générosité. À cet égard aussi, le Barachois Inn sort de l’ordinaire.

I told you in my previous article that I'm not a travel blogger. I'll make an exception today.

The experience we had at the Barachois Inn during our stay in Prince Edward Island is so exceptional that I do not have the choice but to share a few words.

Gallant House is the main building and is located at the very end of the road, in Anglo Rustico, next to St Augustine's Catholic Church, the Museum of the Farmers' Bank of Rustico as well as Doucet House, which is probably the oldest house of the island, believed to having been inhabited from 1772, the year of its construction, to 1982!

The Gallant house is a 1870 building, taken over by the owners, Judy and Gary MacDonald, who made an Inn and B & B out of it in 1984. What strikes the visitor from the first moment, it is the quantity and quality of antiques of this old house (furniture, accessories, decorative items, personal care items, photographs ...), almost everything is an artifact and it goes on and on into each of the 4 rooms of the house. These rooms are each half a floor of the house and all have a bathroom separate from the bedroom. All the facilities of the inn are top quality and if the decor is vintage, all else meets the current standard you would expect (electronic equipment, Wifi network, toilets, showers, etc.) The beds are comfortable and nights are peaceful, all we did hear was the whisper of nature. This is really a B & B of high standard and is pleasantly situated near everything there is to see or visit on the north coast of the Island.

It is Gary who prepares the breakfast that was serve by the owner's daughter, Andrea. All the while Ms. MacDonald makes conversation with the guests. And what conversation! Prepare yourselves. All subjects can be addressed, from the lightest to the most serious, but always with the same intelligence and precision so typical of communication professionals. Because Judy is a public relations specialist and has worked for over 30 years in the field of arts. His visceral love and deep knowledge of the island and the region, of the people who inhabit it and of its history are intoxicating and allow better understanding of the attractions of the island.

I know I'm not covering much of what a travel blogger usually do cover, but I just wanted to share with you our experience. Because once these things have been written, what remains the most important are the human qualities of the people you meet, their openness to others and their generosity. In this regard too, the Barachois Inn unusual.

Article et photos © 2015 OLNEY


Mon amour atlantique

J’avais des souvenirs intenses et très précis de ma première visite à l’Île-du-Prince-Édouard, en 1984. Des lambeaux épars, pas très bien organisés, mais terriblement vivants; les dunes de Stanhope, le plus gros homard que j’ai mangé de toute ma vie, le port de North Rustico et un reste de la sensation enivrante que procure de grands espaces. J’avais beaucoup aimé l’Île, même si je n’y suis pas retourné de toutes ces années.

Je me demandais ce qu’il resterait de mes souvenirs alors que j’allais, 31 ans plus tard, les confronter à la réalité. Malheureusement, je n’étais pas préparé à ce que j’allais vivre. On ne peut jamais être préparé à tomber en amour. Ça vous frappe comme un train, c’est tout, comme une vague déferlante dans ce cas-ci, et vous laisse le souffle coupé.

Car je suis tombé en amour. Encore une fois.

Mais c’est différent cette fois-ci. Il ne s’agit plus de l’amour impétueux de la jeunesse, mais d’un amour plus… mature, disons. Moins exigeant, plus serein, capable de composer avec les légers défauts de l’autre et qui accepte de laisser paraitre les siens. Car l’Île a ses petits défauts, bien sûr. Et sa beauté est particulière; elle ne se révèle réellement qu’à ceux qui le souhaitent.

Je ne crois pas que j’étais prêt, la première fois que je l’ai visitée, à apprécier vraiment tout ce que l’Île-du-Prince-Édouard a à offrir. Mais elle avait tout de même laissé sa marque dans ma peau et mon coeur. C’est dans cette marque, directement sur les vestiges de la première cicatrice qu’elle a facilement retrouvée, qu’elle a laissé cette fois-ci une empreinte ineffaçable.

Si je tenais un blogue de voyage je vous parlerais évidemment de la beauté des paysages, de la magnificence des lieux, des falaises et de la terre rouge, des champs de colza, d’avoine ou de pommes de terre à perte de vue, de la simplicité des villages et des demeures centenaires où manger ou dormir, de l’hospitalité des habitants et de la qualité des services offerts dans les lieux d’hébergement et de services, voire de la propreté inégalable de l’Île.

Mais je ne suis pas blogueur de voyage.

Tout ce que je peux vous partager c’est une sensation, un sentiment, quelque chose de viscéral qui tient à la fois à tout ce que je viens d’énumérer, mais aussi à quelque chose d’autre d’impalpable, d’évanescent, de profond. Le sentiment que l’Île est pour moi. Littéralement. Qu’elle m’attend!

 

I had intense and vivid memories of my first visit to Prince Edward Island in 1984. Scattered shreds of memory, nothing organized but all very much alive; the dunes at Stanhope beach, the biggest lobster I've eaten in my life, the North Rustico Harbour and the intoxicating feeling you get by looking at a landscape so vast you can not grasp it entirely. I loved the Island, although I have not been back all these years.

I wondered what would be left of my memories as I was about, 31 years later, to confront reality. Unfortunately, I was not prepared for what I was going to live. You can never be prepared to fall in love. It hits you like a train, like a breaking wave in this case, and leaves you breathless.

Because I fell in love, once again.

But it's different this time. It’s not the impetuous love of youth but a love which is more... let’s say mature. It is less demanding, more serene, able to cope with the flaws of the loved one and reveal its own. Because the Island has its flaws, of course.

I don’t think I was ready, the first time I visited, to really enjoy what Prince Edward Island has to offer. But it had left its mark on my skin and my heart. It is directly on the remains of the first scar, easily found, that it left, this time, an indelible mark.

If I held a travel blog I would write about the beautiful scenery, the magnificence of the places, the cliffs and the red earth, the fields of canola, oats or potatoes that goes farther than your eye can see, about the simplicity of villages and ancient houses where you get to eat or sleep, of the hospitality of the inhabitants and the quality of services offered in accommodations and services, or even the incomparable cleanliness of the Island.

But I'm not a travel blogger.

All I can share with you is a feeling, a hint, something visceral which has to do with everything that I just listed, but also with something impalpable, evanescent, deep. The feeling that the Island is for me. Literally. That it is waiting for me.

Texte et photos © 2015 OLNEY