Orford

30 minutes au mont Orford

Je voulais sortir de ma zone de confort. Photographier des sujets que je ne photographie habituellement pas dans un contexte qui ne m’est pas familier. Enfin, qui ne m’est plus familier.

Je suis donc parti pour le mont Orford avec un mandat; celui de ne shooter que pendant 30 minutes, pas plus, comme si j’étais en commando et voir ce que ça donnerait. On the fly, comme on dit, sans préparation aucune.

J’ai longtemps été un aficionado du ski, presqu’un ski bum à une certaine époque, cumulant plus de 40 journées pleines de ski par hiver, sacrifiant deux semaines de vacances annuelles à ce sport, toujours à la recherche de nouvelles montagnes à skier et évitant plus souvent qu’autrement le mont Orford. M’y voila pourtant… Et Dieu, que le ski a changé! Les couleurs criardes et pourtant si bien agencées qui nous habillaient sont en quelque sorte disparues, ne reste de fluo que celui des décalques des skis et des bottes, les skis d’adultes ont maintenant la taille de skis pour enfants, la très grande majorité des skieurs portent un casque (réservé à mon époque aux membres du club de course), plus personne ne porte de combinaison one-piece et il n’y a pas de files d’attente aux remontées!

OK, nous sommes en plein milieu de semaine, mais je m’attendais à plus de skieurs. Compte-tenu que la semaine de relâche est la semaine prochaine, je croyais qu’ils seraient nombreux à souhaiter descendre les pentes avant la cohue. Je me suis tout de même mis à la tâche sans tarder, ne disposant que d’une toute petite demi-heure. J’y tenais.

Photographier dans un environnement tout blanc pose un certain nombre de défis à l’exposition et ce, même si le soleil est en grande partie voilé. La caméra ne voit pas ce que l’oeil ne perçoit pas. Ainsi, à l’oeil nu, je n’arrivais même pas à percevoir les détails du chalet adossé à la remontée du mont Giroux. Les contrastes trop forts y créaient une ombre importante qu’il me fallait compenser à l’exposition… et pas le temps pour de multiples essais… je n’ai que 30 minutes!

Voici donc ce que tout cela donne. J’y retournerai sans doute, peut-être dès la semaine prochaine quand il y aura plus de monde et si une journée très ensoleillée se pointe à l’horizon. Franchement, cette petite demi-heure ma donné le goût de me remettre au ski et m’a rappelé, sans discrétion aucune, qu’il fait toujours âprement plus froid en montagne qu’en ville!

I wanted to get a bit out of my comfort zone. I wanted to shoot subjects and places that I don’t usually shoot. To be in a context that is no longer familiar to me despite the fact that it has been for quite a long time.

So I went to Mount Orford with a purpose; to shoot for 30 minutes, no more, as if I was in a shooting spree and see what would happen. On the fly, without any preparation.

I have long been a ski aficionado, almost a ski bum at one time, totaling more than 40 full days on the slopes per winter, sacrificing two weeks of vacation to the sport, always looking for new mountains to ski and avoiding to ski Mount Orford as many times I could. And yet… here I am. God, skiing has changed so much! Where are all those flashy colors of my youth, beside on skis and boots? Adult skis are now shorter than chopsticks, the vast majority of skiers wears a helmet (reserved, in my time, to the members of the racing club), no one wears a one-piece suit and there are no queues at the lifts! OK , it’s the middle of the week, but I was expecting more skiers. Given that spring break is next week, I thought many would have hit the slopes before the rush. Not the case. Nonetheless, I get to work immediately, I only got half an hour. I insist.

Photographing in a white and snowy environment poses a number of exposure challenges, even when the sun is veiled. The camera does not see what the eye can not perceive. Thus, I could’nt even perceive the details of the club house backed backed by the slopes of Mount Giroux and a milky sky. Contrasts too strong, solid and persistent shadows swallowing every details forced me to push exposure a bit.

So, here’s what I got out of it. I’ll probably return, maybe next week when the place will be crowded and if there’s a really sunny day down the road.

Frankly, this tempted me to give skiing another shot and reminded me, bluntly I must say, that it’s way colder in the mountain then downtown!

Texte et photos © 2015 OLNEY


Un autre point de vue

Je suis toujours étonné de constater comment, à différents moments de l’année et sous différentes lumières, les endroits connus se révèlent sous un autre jour. La lumière y est pour beaucoup évidemment et, comme paramètre premier de la photographie, elle ne cesse de nous obliger à regarder ces lieux sous un autre point de vue.

Ce matin, dès mon réveil, je savais que la matinée allait être exceptionnelle et il n’était pas question que je passe à côté. Le soleil était radieux et, en ce début de journée, il jetait un éclat doré sur tout ce qu’il touchait et les nombreux nuages épars étalaient de larges plaques d’ombres sur les collines et les champs.

Je suis donc parti armé de mon arme préférée, le Fujifilm X-T1, admirer les paysages de l’Estrie et me geler les oreilles et les doigts (littéralement) sur les hauteurs d’Orford et de Hatley pour croquer ces paysages.


I am always amazed how, at different times of the year and in different light conditions, known locations are revealed in a, litteraly, new light. It has a lot to do, of course, that light is the first parameter of photography, it forces us to look at these places from a different perspective.

This morning as I woke up, I knew the day was going to be exceptional. There was no way I was going to miss it. The sun was shining through scattered clouds, splashing large patches of shadows on the hills and fields and casted a golden glow over everything he touched.

Armed with my favorite weapon, the Fujifilm X-T1, I went off to admire the landscapes of the Eastern Townships and freeze my ears and fingers (literally) on the heights of Orford and Hatley trying to get them to you.

Texte et photos © 2014 OLNEY